Lost in jungle

Errance ultra-chic d’une jeune fille perdue dans la jungle urbaine

Quand le Bonobo s’accouple

Bonobo, ah… Bonobo. Je pourrais en faire un roman presque, vraisemblablement peu digne d’intérêt mais certains passages croustillants méritent une place de choix sur ce blog.

Bonobo s’est marié, un 26 mai, d’une certaine année, il faisait beau, le soleil brillait, tout le monde était rassemblé pour voir le couple convolé.

Un mariage princier, comme je l’avais imaginer, bague de fiançailles Mauboussin, alliances Cartier, complet Armani et robe de couturier toute de dentelle ajourée faite sur mesure pour la mariée. Mariage à l’Église où tout un choeur chantait un Ave Maria digne de l’immortalité du Christ, larmes de joie des parents ayant adoubé la bru, voeux solennels prononcés comme un serment, un pacte d’amour renfermant l’éternité d’une vie lovée et festoie ment au château La Cour St glinglin avec les amis réunis dont la moitié des mets auraient pu nourrir un pays d’Afrique.

Le mariage du siècle, un vrai conte de fée, un vrai rêve réalisé tout comme il l’avait imaginé, tout comme on en avait si souvent parlé, un mariage à la hauteur de notre amour ou devrais je dire de l’amour tout court.

Il l’a fait. Avec elle.

Et sur cette vidéo, je ne peux qu’admettre que dans ses yeux il y a tout l’amour pour elle qu’il a eut pour moi autrefois. Cette vidéo, arrivée par erreur dans ma boite mail comme un coup de poignard en plein cœur détruisant le peu d’espoir qui avait résisté à la tempête, me laissant dans le froid glacial d’une jungle revêche exposée de toutes parts aux jeux mortels des sentiments déchus.

La crise du logement

Dans la jungle comme partout ailleurs, la crise sévit depuis quelques années, de plus en plus nombreux les autochtones se voient obligés de se rapprocher, de se serrer, de oserai- je le dire? partager. La mode des “co” est lancée et pas seulement l’émission débile d’une petite chaîne qui n’a jamais rien montée qu’une montagne de niaiseries.

Co-propriété, co-location, co-habitation, co-voiturage, mais aussi co-opération. Et ce dernier point malheureusement n’est pas compris par tout le monde. Ainsi il nous faut nous accommoder d’espèces quelque peu primaires et dérangées vraisemblablement peu évoluées, sans doute abonnées à la chaine télé sus mentionnée et malheureusement j’ai hérité d’une de ces espèces dans mon voisinage.

La bête est vicieuse et méthodique. Elle guette sa victime, enregistre ses habitudes et s’exhibe prudemment d’abord puis de manière de plus en plus ostentatoire. Défile en bas résille fenêtre grande ouverte son sexe dressé, parait quelque peu gêné du moins je le croyais, mais s’affiche de plus en plus, tellement que l’on ne peut plus faire semblant de croire que c’est un accident, se masturbe devant les petites filles de tout âge, se réjouit de voir le choc dans les regards, frôle de se faire refaire le portrait par un voisin belliqueux et continue à s’exhiber fouet et collier boule en guise de décoration.

Mais il faut appeler la police qu’on nous dit. Oui, sauf qu’il existe encore quelques scrupules à afficher un père de famille devant ses enfants présent un week end sur 3 dans le mois, n’est il pas déjà assez difficile de se rendre compte que son géniteur est un con, faut il vraiment ajouter à la liste “s’ exhibe et se masturbe devant personnes de sexe féminin de tout age confondu”?

Tout le monde le sait, personne ne fait rien, comme on a jamais rien fait contre l’alcoolique notoire, on se barricade, on dresse des murs et des rideaux pour ne plus voir, mais quelque part dans la nuit, on sait que la bête aux tendances perverses nous guette dans le noir attendant le moindre faux pas.

Caryotype

Le 12 janvier. Pourquoi je parle du 12 janvier un 12 juillet sans même précisé l’année? Parce que le 12 janvier est le jour, le jour où pour la première fois j’ai entendu sa voix et que j’ai envie de parler de lui, de sa voix. Une voix ni douce ni nasillarde ni belle ni rigolote ni trop aigu ni trop grave juste indescriptible, qu’elle a imprégné mon cerveau à la simple prononciation de mon prénom.

Ah…. Vincent quand tu nous crée une vie où tu imagines comment pourrait être tes beaux parents, j’aime à t’écouter me susurrer toutes les éventualités, je le vois bien que toi aussi tu demandes dans quelle jungle tu ères, je vois bien que tu te demandes si tu n’es pas aller trop loin au risque de te perdre, je vois bien que tu calcules les sacrifices et concessions que tu devras faire pour être accepter voire tolérer par le clan, malheureusement on ne fait pas encore noces sans hériter des ascendants, malheureusement quelques fois on se demande comment de telles personnes ont pu avoir un ovni pareil, si différent, si attachant. A moins que la maladie génétique se déclare avec le temps? Chanceux ceux qui se comprennent bien que trop de ressemblances soient à mon sens œdipiennes.

Famille je vous aime, mais de loin en fait, laisser moi m’aventurer de l’autre coté de la rive voir s’il y a plus de lumières au risque de me brûler les ailes, laisser moi choisir de ne point vous ressembler et par pitié arrêter de nous gaver à chaque déjeuner dominical.

Et pour les curieux la chanson de Vincent à Chloé se trouve dans le Ipod en haut à droite et si vous croisez un jour Vincent, dites lui que je vous ai beaucoup parlé de lui, il sera ravi.

Under Pressure

Il n’y a pas que dans l’eau que l’on peut se sentir sous pression, gérer le stress au quotidien peut devenir très oppressant, on se retrouve la tête sous l’eau, noyé dans la paperasse qui s’empile sur le bureau ne sachant plus de quel coté il faut aller pour ne pas mourir étouffé.

La différence c’est que dans l’eau, le silence est roi, on coule mais on s’y abandonne presque et au gré des flots on rencontre par hasard, un petit sushi solitaire qui confie sa peine mêlée d’auto dérision à qui veut bien l’entendre. Et entre pression et dépression, finalement il n’y a que deux lettres de séparation, que l’ivresse franchit aisément, sans plus y prêter d’attention.

Alors mon cher ami, mon petit sushi dépressif, il faut bien le reconnaître sous la pression on est tout petit, mais c’est peut être aussi parce qu’on vieillit, deux verres de vin et nous voilà parti, y’a pas à dire nous sommes maudits, si même de la noyade nous n’apprécions pas l’ivresse, autant nager encore quelques brasses histoire de passer les obstacles de justesse.

Merci petit suchi pour mon bel Ipod vert!

Entre deux eaux

S’il y a une chose que j’ai apprise dans la jungle, c’est qu’il faut savoir naviguer entre deux eaux; parfois même à contrecourant.

De tous les dangers, l’eau est la plus sinueuse, elle trouve toujours une faille, une fissure pour s’engouffrer, la barque doit être solide et l’équipage encore plus.

Au départ, on visualise le projet, optimiste on n’envisage que son succès, viennent les petits défauts à régler, les premières décisions importantes sur la route à suivre, les premières divergences d’opinion et les premières déceptions.

On se bat, on lutte contre les courants, on y met du cœur, on s’investit corps et âme et puis quand on se retourne, on voit que peu à peu, on est tout seul sur ce fichu rafiot, que peu à peu l’équipage s’est fait la malle, et que le bel avenir si prometteur ressemble de plus en plus à une illusion, voire une hallucination.

Un regain de courage nous fait ramer plus vite ou peut être est ce un regain de rage, et puis on s’aperçoit que le navire prend l’eau de toute part, et que pour colmater les brèches il va nous falloir plus que de belles promesses. Mais quand on réussit seul, qu’on ne doit rien à personne, bon dieu ce que ça fait du bien de pouvoir leur dire MERDE!

Dans la jungle il faut savoir naviguer entre deux eaux, il faut encore plus savoir attendre que le vent tourne.

Les morsures de l’aube

Titre inspiré du film, la correspondance s’arrête là. Je trouvais juste qu’il collait parfaitement à une espèce animale qui rode dans la jungle: les prédateurs.

Le prédateur est une espèce souvent connue de tous mais pourtant si peu identifiable avant la morsure fatale. Il a une technique d’approche bien rodée qui devrait mettre la puce à l’oreille mais inlassablement on se laisse prendre dans ses filets, comme si l’instinct de survie venait à débloquer l’espace d’un instant suffisamment long pour qu’il puisse profiter de cette faille de système. Une incompréhension.

Le prédateur est un animal solitaire, réfléchit et sur de lui. Il guette sa victime, l’étudie et agit au moment opportun. Le choix de la victime se révèle être un défi, mais un défi de petit envergure, toujours surmontable de quoi parfaire son égo sans l’égratigner, mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, et pour cela il faut compenser par un tableau de chasse impressionnant; ainsi il multiplie la fréquence de ses attaques.

Le prédateur est doté d’un sens de l’observation hors du commun, il observe discrètement, prend le temps, et sait saisir le moment. Une fois qu’il a jeté son dévolu sur une proie, peu de choses l’en écartent si ce n’est presque aucune.

Le prédateur sait user de ses charmes, connait sur le bout des doigts l’art de danse prénuptiale et capte l’attention de son auditoire d’un simple mot. Depuis le temps son scénario est au point. Il donne de sa personne, ne s’occupe que de sa proie, la fait rire, danser le cas échéant, lui fait parler d’elle. Et il attend l’aube, pour refermer le piège.

Ni bon ni mauvais, juste égoïste ne pensant qu’à son bon plaisir et une fois celui ci pris, il regarde sa proie et l’achève en quelques mots: “je pense qu’il vaut mieux qu’on en reste là.” Là encore il prend un malin plaisir à contempler l’effet de ces mots dans le regard perdu de sa victime, cette incompréhension est pour lui la cerise sur le gâteau, celle qui lui fait sentir qu’il a reussi, que sa victime n’a vraiment rien venu venir qu’il l’a eut dans tous les sens possibles.

Beaucoup ont croisé ce prédateur, une fois, 2 fois, parfois plus, se laissant toujours avoir, et puis un jour, la lassitude aidant, surement, il n’y a rien eut dans mon regard aucune incompréhension, rien, le néant, je me suis laissée mordre, sans broncher, j’ai répondu ok, de cette attitude j’ai mis l’ombre sur sa victoire, une ombre que son égo n’a pas supporté, une ombre qui me vaut aujourd’hui d’être son ombre, le lundi, le mardi, le vendredi et parfois même le samedi quand il ne couve pas ses petits dont la mère lui laisse la garde plus par obligation que par choix.

Mon prédateur est un homme qui ne veut plus d’attache, il a divorcé de la vie le même jour qu’il a divorcé de sa femme, aucun attachement, liberté chérie, à lui les joies des plaisirs sans lendemain à la recherche d’autosatisfaction et de gloire dérisoire tellement le vide est palpable.

Apparté

Rien publié dernièrement, l’envie est là, plusieurs brouillons en stock non terminés, non retravaillés et ce pour cause de stupéfaction extrême, beaucoup de choses se sont passées dernièrement dans l’actualité. Jusqu’où l’Acteur va t il pousser la dictature ( oui j’ose le mot, un contrôle extrême et centralisé vaut bien ce mot)? Je crois que cela vaut bien une catégorie à part entière tellement je suis perdue depuis l’année dernière de voir à quel point le commun des mortels peut être dupes, de voir la désinformation quotidienne, de voir les langues de bois s’alourdir devant ce mauvais acteur, cet espèce de pantin articulé par son propre égo trop mal placé.

A l’heure où les petites gens vont recevoir la sentence du fisc il est étonnant de voir que Johnny ne s’inquiète plus de fuir le pays, a l’heure où les petites gens vont payer les fuites fiscales des plus riches il est étonnant de voir la zénitude ambiante des proches et privilégiés sur la liste de l’acteur. Pas honte de le dire, attends le canard enchainé avec impatience.

Du trouble je passe à la stupeur, bientôt le tremblement!

Le bruit, l’odeur, le bruit et l’odeur.

Le bruit.

A la fois envoutant et horripilant, il y a des jours où l’on préfèrerait être sourd, agression perpétuelle: bruit strident, battement d’ailes d’oiseaux de mauvaises augures, borborygmes effrayants du fonds des marais, brondissements usants, claquements austères, cliquetis entétants, frottements désopilants, ronflements incessants… la liste est longue. Il y a des jours comme cela où l’agression auditive est tellement violente que l’on voudrait ne plus rien entendre, pas un bruit, se rappeler enfin de ce qu’est le silence.

Silence d’Eglise, peut être le seul véritable bien fait du lieu. Silence de mort. Impression d’avoir un marteau piqueur dans les tympans. Envie inconsidérée d’un cocon étanche et protecteur. Dans ces moments, on monte le son de l’ipod, quitte à devenir dur de la feuille plus tard, juste pour éviter de massacrer le concerto pour violon de Tchaikovsky à coup d’accordéon, de bébés brayeurs, de vies si désopilantes qu’elles méritent l’attention de tout le wagon ou de signalisations électroniques défectueuses.

Et puis se rappeler que Tom York a une voix d’ange déchu et jouir de la chance que l’on a de pouvoir en discerner toutes les nuances. L’aimer pour ça.

L’odeur

Froncement de narines ou expiration profonde tout est souvent question de goût mais l’on s’accorde bien souvent à dire que la crasse sent mauvais et que contrairement au dicton l’argent à une odeur de bonheur ou de malheur tout dépend de quel coté l’on se place, pile ou face.

L’odeur, arôme acre qui nous enivre jusqu’au plus profond de nous même, que l’on respire avec dégoût toute la journée ne sachant comment s’en défaire, effluve trop sucrée ou trop fleurie de notre voisine de voyage, haleine chargée du bailleur aux corneilles, fumet gras des boulangeries industrielles parsemées ça et là, relent de poils de chien mouillés trop peu souvent lavé, émanations des égouts prêts à tout dégorgés, retenir sa respiration , tournée la tête le plus possible, mettre sa main devant son nez, garder un semblant de dignité face à cette agression nauséabonde.

Et puis se souvenir du délicat parfum des roses du jardin, de la lessive fraichement étendue au soleil de juin, du sel sur la peau dorée sur une plage de sable chaud, du café moulu du matin et de la peau de l’homme que l’on aime dont on aimerait s’enivrer sans cesse.

Le bruit et l’odeur

Comme une faim de loup, jouir de la vie et de ses sensations le plus possibles, jusqu’à l’extase, faire l’amour encore et toujours car ce bruit et cette odeur, c’est ça le bonheur.