Le bruit, l’odeur, le bruit et l’odeur.
Le bruit.
A la fois envoutant et horripilant, il y a des jours où l’on préfèrerait être sourd, agression perpétuelle: bruit strident, battement d’ailes d’oiseaux de mauvaises augures, borborygmes effrayants du fonds des marais, brondissements usants, claquements austères, cliquetis entétants, frottements désopilants, ronflements incessants… la liste est longue. Il y a des jours comme cela où l’agression auditive est tellement violente que l’on voudrait ne plus rien entendre, pas un bruit, se rappeler enfin de ce qu’est le silence.
Silence d’Eglise, peut être le seul véritable bien fait du lieu. Silence de mort. Impression d’avoir un marteau piqueur dans les tympans. Envie inconsidérée d’un cocon étanche et protecteur. Dans ces moments, on monte le son de l’ipod, quitte à devenir dur de la feuille plus tard, juste pour éviter de massacrer le concerto pour violon de Tchaikovsky à coup d’accordéon, de bébés brayeurs, de vies si désopilantes qu’elles méritent l’attention de tout le wagon ou de signalisations électroniques défectueuses.
Et puis se rappeler que Tom York a une voix d’ange déchu et jouir de la chance que l’on a de pouvoir en discerner toutes les nuances. L’aimer pour ça.
L’odeur
Froncement de narines ou expiration profonde tout est souvent question de goût mais l’on s’accorde bien souvent à dire que la crasse sent mauvais et que contrairement au dicton l’argent à une odeur de bonheur ou de malheur tout dépend de quel coté l’on se place, pile ou face.
L’odeur, arôme acre qui nous enivre jusqu’au plus profond de nous même, que l’on respire avec dégoût toute la journée ne sachant comment s’en défaire, effluve trop sucrée ou trop fleurie de notre voisine de voyage, haleine chargée du bailleur aux corneilles, fumet gras des boulangeries industrielles parsemées ça et là, relent de poils de chien mouillés trop peu souvent lavé, émanations des égouts prêts à tout dégorgés, retenir sa respiration , tournée la tête le plus possible, mettre sa main devant son nez, garder un semblant de dignité face à cette agression nauséabonde.
Et puis se souvenir du délicat parfum des roses du jardin, de la lessive fraichement étendue au soleil de juin, du sel sur la peau dorée sur une plage de sable chaud, du café moulu du matin et de la peau de l’homme que l’on aime dont on aimerait s’enivrer sans cesse.
Le bruit et l’odeur
Comme une faim de loup, jouir de la vie et de ses sensations le plus possibles, jusqu’à l’extase, faire l’amour encore et toujours car ce bruit et cette odeur, c’est ça le bonheur.


juin 8th, 2008 at 0:00
Que peut-on ajouter ?!
juin 11th, 2008 at 17:46
Tu sais que c’est super émouvant ta conclusion?
juin 15th, 2008 at 19:10
Version5 : beaucoup de choses c’est ça qui est bien.
Le Sushi : merci, j’essaierais de ne pas faire trop dans le larmoyant, ça dénote avec le ton du blog ^^
octobre 15th, 2008 at 17:17
c’est toujours trèssympa d’explorer ton nlog