Je t’ai aimé Bonobo
M.B file le parfait amour, il l’aime, elle l’aime, ils s’aiment, ils roucoulent (enfin si tant est que des singes puissent roucouler) et baisent à longueur de journée le reste du temps étant consacré à la contemplation et la sublimation de l’autre. Ah il la désire, là tout de suite, sur le bureau ou dans l’ascenseur, dans le taxi ou sur le carrelage glacé de la cuisine, c’est physique, il faut qu’il la sente, il faut qu’il la touche, il faut qu’il la pénètre pour lui montrer au combien il l’aime.
Quelques fois bien sûr Monsieur B, n’oublie pas les bonnes manières, il organise des soirées romantiques et lui offre des fleurs, il lui écrit des mots doux et lui dit au combien elle est belle. Il pense même à nettoyer sa grotte pour lui faire un nid douillet dans lequel elle va s’abandonner et espère secrètement être à son gout pour bons nombres de nuitées.
Ils se regardent dans les yeux, se dévorent, c’est beau, c’est merveilleux plus rien n’existe excepté eux.
Et puis un jour, on ralentit la cadence, c’est fatigant d’aimer autant, on devient plus raisonnable, une fois par nuit, devrait suffire si on la garde un temps dans les bras. Un petit texto pour lui donner rdv, plus le temps de l’appeler entre 2 dossiers de toute manière on a accumulé tellement de retard depuis qu’on est aimé qu’il faut bien se rattraper. Les obligations reprennent le dessus, des deux cotés, elle aussi contribue à la perte de l’illusion, elle n’est plus parfaite 24h/24, il lui arrive de plus en plus fréquemment d’être décoiffée le matin et mal épilée, et une bonobo mal épilée c’est la forêt vierge assurée. Les efforts et les attentions aussi se font plus rare.
Ils se voient moins ils se disent que c’est bien d’entretenir le manque, et puis ils se retrouvent de temps en temps, Monsieur B. Miss B et leur nouvelle amie nommée Fatigue, discutent le reste du temps, comme de vieux amis. Alors encore une fois, la cadence ralentit, on l’ a bien senti, de 5 fois par nuit on passe à une fois par jour, puis par semaine, puis par mois, malgré tous les investissements inconsidérés en dentelles fines et autre soie de Chine pas vraiment bon marché et autres gadgets high tech sensés pimentés, et quand vient le moment où l’on voit les mois passés et qu’on a ni l’envie ni la force de lutter, on se dit que c’est peut être ça la vie, ça doit être ça, veillir.
Et puis non, tout notre corps se rebelle, Monsieur B a encore le souvenir de cette magie, malgré l’érosion des années, il essaie de raviver les cendres de la passion. Il organise un romantique petit diner, et se rappelle au combien il l’a aimé. 3 ans de bonheur quasi parfait, sans accroc ni remise en question juste la sensation d’aimer et d’être aimer, peut être un peu trop, peut être pas comme il faut, il se sent tout d’un coup un peu étouffé.
Le problème c’est que Monsieur B, conjugue le verbe aimer au passé et s’il y a bien un temps dont l’amour, le vrai, se contrefout c’est bien le passé. Miss B. quant à elle croit toujours au valeur des mots prononcés, “pour toujours, à jamais”, comme elle s’est bien trompée, comme elle s’est aveuglée car aujourd’hui, Monsieur B vient de se marier et Miss B. n’a que ses yeux pour pleurer.
Toutes ressemblances avec des faits réels et avérés ne serait pas forcément fortuit, mais l’on comprendra mieux comment après avoir perdu son bonobo, une jeune fille, un peu naïve se retrouve à errer dans un monde qui est une jungle pour elle.


mai 29th, 2008 at 9:45
ça fait drôle quand un Bonobo se marie avec une autre femelle.
après quelque temps on aimerait bien remercier la femelle pour le service qu’elle nous a rendu.
ainsi va l’amour
mai 30th, 2008 at 20:44
oui possible…
mai 30th, 2008 at 23:30
Tu avais raison … j’aime moins la fin, trop “vraie”. Trop “egocentrée”, trop éloignée de ce qui fait que l’Amour est beau.
Mais je persiste et signe, j’adore le style.
A bientôt.
mai 31st, 2008 at 0:07
Pareil, j’aime beaucoup le style (et la justesse des propos)
mai 31st, 2008 at 1:21
Version5 : oui… les histoires d’amour finissent mal en général, peut être qu’un jour je raconterais une histoire plus gaie! Mais oui l’amour est beau, il est juste capricieux.
David : Merci, ça fait toujours plaisir à entendre (enfin lire)