Entre deux eaux
S’il y a une chose que j’ai apprise dans la jungle, c’est qu’il faut savoir naviguer entre deux eaux; parfois même à contrecourant.
De tous les dangers, l’eau est la plus sinueuse, elle trouve toujours une faille, une fissure pour s’engouffrer, la barque doit être solide et l’équipage encore plus.
Au départ, on visualise le projet, optimiste on n’envisage que son succès, viennent les petits défauts à régler, les premières décisions importantes sur la route à suivre, les premières divergences d’opinion et les premières déceptions.
On se bat, on lutte contre les courants, on y met du cœur, on s’investit corps et âme et puis quand on se retourne, on voit que peu à peu, on est tout seul sur ce fichu rafiot, que peu à peu l’équipage s’est fait la malle, et que le bel avenir si prometteur ressemble de plus en plus à une illusion, voire une hallucination.
Un regain de courage nous fait ramer plus vite ou peut être est ce un regain de rage, et puis on s’aperçoit que le navire prend l’eau de toute part, et que pour colmater les brèches il va nous falloir plus que de belles promesses. Mais quand on réussit seul, qu’on ne doit rien à personne, bon dieu ce que ça fait du bien de pouvoir leur dire MERDE!
Dans la jungle il faut savoir naviguer entre deux eaux, il faut encore plus savoir attendre que le vent tourne.


juillet 2nd, 2008 at 9:14
et surfer sur la vague