Lost in jungle

Errance ultra-chic d’une jeune fille perdue dans la jungle urbaine

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Caryotype

Le 12 janvier. Pourquoi je parle du 12 janvier un 12 juillet sans même précisé l’année? Parce que le 12 janvier est le jour, le jour où pour la première fois j’ai entendu sa voix et que j’ai envie de parler de lui, de sa voix. Une voix ni douce ni nasillarde ni belle ni rigolote ni trop aigu ni trop grave juste indescriptible, qu’elle a imprégné mon cerveau à la simple prononciation de mon prénom.

Ah…. Vincent quand tu nous crée une vie où tu imagines comment pourrait être tes beaux parents, j’aime à t’écouter me susurrer toutes les éventualités, je le vois bien que toi aussi tu demandes dans quelle jungle tu ères, je vois bien que tu te demandes si tu n’es pas aller trop loin au risque de te perdre, je vois bien que tu calcules les sacrifices et concessions que tu devras faire pour être accepter voire tolérer par le clan, malheureusement on ne fait pas encore noces sans hériter des ascendants, malheureusement quelques fois on se demande comment de telles personnes ont pu avoir un ovni pareil, si différent, si attachant. A moins que la maladie génétique se déclare avec le temps? Chanceux ceux qui se comprennent bien que trop de ressemblances soient à mon sens œdipiennes.

Famille je vous aime, mais de loin en fait, laisser moi m’aventurer de l’autre coté de la rive voir s’il y a plus de lumières au risque de me brûler les ailes, laisser moi choisir de ne point vous ressembler et par pitié arrêter de nous gaver à chaque déjeuner dominical.

Et pour les curieux la chanson de Vincent à Chloé se trouve dans le Ipod en haut à droite et si vous croisez un jour Vincent, dites lui que je vous ai beaucoup parlé de lui, il sera ravi.

Le bruit, l’odeur, le bruit et l’odeur.

Le bruit.

A la fois envoutant et horripilant, il y a des jours où l’on préfèrerait être sourd, agression perpétuelle: bruit strident, battement d’ailes d’oiseaux de mauvaises augures, borborygmes effrayants du fonds des marais, brondissements usants, claquements austères, cliquetis entétants, frottements désopilants, ronflements incessants… la liste est longue. Il y a des jours comme cela où l’agression auditive est tellement violente que l’on voudrait ne plus rien entendre, pas un bruit, se rappeler enfin de ce qu’est le silence.

Silence d’Eglise, peut être le seul véritable bien fait du lieu. Silence de mort. Impression d’avoir un marteau piqueur dans les tympans. Envie inconsidérée d’un cocon étanche et protecteur. Dans ces moments, on monte le son de l’ipod, quitte à devenir dur de la feuille plus tard, juste pour éviter de massacrer le concerto pour violon de Tchaikovsky à coup d’accordéon, de bébés brayeurs, de vies si désopilantes qu’elles méritent l’attention de tout le wagon ou de signalisations électroniques défectueuses.

Et puis se rappeler que Tom York a une voix d’ange déchu et jouir de la chance que l’on a de pouvoir en discerner toutes les nuances. L’aimer pour ça.

L’odeur

Froncement de narines ou expiration profonde tout est souvent question de goût mais l’on s’accorde bien souvent à dire que la crasse sent mauvais et que contrairement au dicton l’argent à une odeur de bonheur ou de malheur tout dépend de quel coté l’on se place, pile ou face.

L’odeur, arôme acre qui nous enivre jusqu’au plus profond de nous même, que l’on respire avec dégoût toute la journée ne sachant comment s’en défaire, effluve trop sucrée ou trop fleurie de notre voisine de voyage, haleine chargée du bailleur aux corneilles, fumet gras des boulangeries industrielles parsemées ça et là, relent de poils de chien mouillés trop peu souvent lavé, émanations des égouts prêts à tout dégorgés, retenir sa respiration , tournée la tête le plus possible, mettre sa main devant son nez, garder un semblant de dignité face à cette agression nauséabonde.

Et puis se souvenir du délicat parfum des roses du jardin, de la lessive fraichement étendue au soleil de juin, du sel sur la peau dorée sur une plage de sable chaud, du café moulu du matin et de la peau de l’homme que l’on aime dont on aimerait s’enivrer sans cesse.

Le bruit et l’odeur

Comme une faim de loup, jouir de la vie et de ses sensations le plus possibles, jusqu’à l’extase, faire l’amour encore et toujours car ce bruit et cette odeur, c’est ça le bonheur.

Petit chef, tendance tyranique

Elle , le petit chef, se déplace sure d’elle tant qu’elle ne croise pas un miroir qui lui rappelle au combien la génétique est cruelle ne lui ayant hélas pas donné ce qu’elle aurait tant espérer pour rehausser son égo si mal placé.

Elle, le petit chef, plein de faux semblant et de bons sentiments, vous parle comme à un agneau pour mieux vous poignarder dans le dos. Elle est votre plus grand fan, tant qu’elle peut se trouver un peu dans votre lumière.

Elle, le petit chef, une fois moins éblouit par votre lumière, vous presse comme un citron et vous abaisse du pieds d’estale sur lequel vous étiez et dont vous avez été enlevé au privilège d’une autre victime, pour mieux l’entendre vous dire: fais ci, fais ça, fais comme ci, fais comme ça.

Elle, le petit chef, vénère l’anaconda mutant mais ne voit pas que le venin la rend plus laide de jour en jour; tel le portrait de Dorian, elle vieillit mal. Mon dieu ce que les moustiques sont insupportables!