C’est le Vietnam, mon frère! C’est le Vietnam.
L’amour, ça laisse des traces. On se dépatouille tant qu’on peut pour trouver son chemin dans cette jungle inamicale, mais on n’en ressort jamais sans séquelles.
Indélébiles, les séquelles.
De ces blessures de guerre qui se réveillent au moment où on s’y attend le moins, vous empéchant d’avancer, de vous sauver, de nager vers le rivage, brouillant tous vos sens et vous faisant douter de tout, même de vous.
Alors on se noie, on cry des rivières comme dit l’autre et on creuse un peu plus sa tombe en se persuadant d’avoir enfin réussit à se protéger derrière un feu de paille au moindre cure dent cassé qui serait venu nous chatouiller. On refait surface parfois, on reprend son souffle, on a presque l’impression de survivre et on se laisse reprendre par la vase, qui nous entraîne vers le fond.
La vase, même pas humaine, inconsistante, pollueuse méprisable et dégénérescence vicieuse, elle se faufile et s’installe et bousille tout sur son passage.
Il est surprenant de voir comment des inconnus peuvent nous atteindre, appuyer là où ca fait mal et faire basculer le levier. A croire que fatalement tout a une fin et un nouveau départ? Comment survivre alors dans la jungle?