Lost in jungle

Errance ultra-chic d’une jeune fille perdue dans la jungle urbaine

Archive for juin, 2008


Entre deux eaux

S’il y a une chose que j’ai apprise dans la jungle, c’est qu’il faut savoir naviguer entre deux eaux; parfois même à contrecourant.

De tous les dangers, l’eau est la plus sinueuse, elle trouve toujours une faille, une fissure pour s’engouffrer, la barque doit être solide et l’équipage encore plus.

Au départ, on visualise le projet, optimiste on n’envisage que son succès, viennent les petits défauts à régler, les premières décisions importantes sur la route à suivre, les premières divergences d’opinion et les premières déceptions.

On se bat, on lutte contre les courants, on y met du cœur, on s’investit corps et âme et puis quand on se retourne, on voit que peu à peu, on est tout seul sur ce fichu rafiot, que peu à peu l’équipage s’est fait la malle, et que le bel avenir si prometteur ressemble de plus en plus à une illusion, voire une hallucination.

Un regain de courage nous fait ramer plus vite ou peut être est ce un regain de rage, et puis on s’aperçoit que le navire prend l’eau de toute part, et que pour colmater les brèches il va nous falloir plus que de belles promesses. Mais quand on réussit seul, qu’on ne doit rien à personne, bon dieu ce que ça fait du bien de pouvoir leur dire MERDE!

Dans la jungle il faut savoir naviguer entre deux eaux, il faut encore plus savoir attendre que le vent tourne.

Les morsures de l’aube

Titre inspiré du film, la correspondance s’arrête là. Je trouvais juste qu’il collait parfaitement à une espèce animale qui rode dans la jungle: les prédateurs.

Le prédateur est une espèce souvent connue de tous mais pourtant si peu identifiable avant la morsure fatale. Il a une technique d’approche bien rodée qui devrait mettre la puce à l’oreille mais inlassablement on se laisse prendre dans ses filets, comme si l’instinct de survie venait à débloquer l’espace d’un instant suffisamment long pour qu’il puisse profiter de cette faille de système. Une incompréhension.

Le prédateur est un animal solitaire, réfléchit et sur de lui. Il guette sa victime, l’étudie et agit au moment opportun. Le choix de la victime se révèle être un défi, mais un défi de petit envergure, toujours surmontable de quoi parfaire son égo sans l’égratigner, mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, et pour cela il faut compenser par un tableau de chasse impressionnant; ainsi il multiplie la fréquence de ses attaques.

Le prédateur est doté d’un sens de l’observation hors du commun, il observe discrètement, prend le temps, et sait saisir le moment. Une fois qu’il a jeté son dévolu sur une proie, peu de choses l’en écartent si ce n’est presque aucune.

Le prédateur sait user de ses charmes, connait sur le bout des doigts l’art de danse prénuptiale et capte l’attention de son auditoire d’un simple mot. Depuis le temps son scénario est au point. Il donne de sa personne, ne s’occupe que de sa proie, la fait rire, danser le cas échéant, lui fait parler d’elle. Et il attend l’aube, pour refermer le piège.

Ni bon ni mauvais, juste égoïste ne pensant qu’à son bon plaisir et une fois celui ci pris, il regarde sa proie et l’achève en quelques mots: “je pense qu’il vaut mieux qu’on en reste là.” Là encore il prend un malin plaisir à contempler l’effet de ces mots dans le regard perdu de sa victime, cette incompréhension est pour lui la cerise sur le gâteau, celle qui lui fait sentir qu’il a reussi, que sa victime n’a vraiment rien venu venir qu’il l’a eut dans tous les sens possibles.

Beaucoup ont croisé ce prédateur, une fois, 2 fois, parfois plus, se laissant toujours avoir, et puis un jour, la lassitude aidant, surement, il n’y a rien eut dans mon regard aucune incompréhension, rien, le néant, je me suis laissée mordre, sans broncher, j’ai répondu ok, de cette attitude j’ai mis l’ombre sur sa victoire, une ombre que son égo n’a pas supporté, une ombre qui me vaut aujourd’hui d’être son ombre, le lundi, le mardi, le vendredi et parfois même le samedi quand il ne couve pas ses petits dont la mère lui laisse la garde plus par obligation que par choix.

Mon prédateur est un homme qui ne veut plus d’attache, il a divorcé de la vie le même jour qu’il a divorcé de sa femme, aucun attachement, liberté chérie, à lui les joies des plaisirs sans lendemain à la recherche d’autosatisfaction et de gloire dérisoire tellement le vide est palpable.

Apparté

Rien publié dernièrement, l’envie est là, plusieurs brouillons en stock non terminés, non retravaillés et ce pour cause de stupéfaction extrême, beaucoup de choses se sont passées dernièrement dans l’actualité. Jusqu’où l’Acteur va t il pousser la dictature ( oui j’ose le mot, un contrôle extrême et centralisé vaut bien ce mot)? Je crois que cela vaut bien une catégorie à part entière tellement je suis perdue depuis l’année dernière de voir à quel point le commun des mortels peut être dupes, de voir la désinformation quotidienne, de voir les langues de bois s’alourdir devant ce mauvais acteur, cet espèce de pantin articulé par son propre égo trop mal placé.

A l’heure où les petites gens vont recevoir la sentence du fisc il est étonnant de voir que Johnny ne s’inquiète plus de fuir le pays, a l’heure où les petites gens vont payer les fuites fiscales des plus riches il est étonnant de voir la zénitude ambiante des proches et privilégiés sur la liste de l’acteur. Pas honte de le dire, attends le canard enchainé avec impatience.

Du trouble je passe à la stupeur, bientôt le tremblement!

Le bruit, l’odeur, le bruit et l’odeur.

Le bruit.

A la fois envoutant et horripilant, il y a des jours où l’on préfèrerait être sourd, agression perpétuelle: bruit strident, battement d’ailes d’oiseaux de mauvaises augures, borborygmes effrayants du fonds des marais, brondissements usants, claquements austères, cliquetis entétants, frottements désopilants, ronflements incessants… la liste est longue. Il y a des jours comme cela où l’agression auditive est tellement violente que l’on voudrait ne plus rien entendre, pas un bruit, se rappeler enfin de ce qu’est le silence.

Silence d’Eglise, peut être le seul véritable bien fait du lieu. Silence de mort. Impression d’avoir un marteau piqueur dans les tympans. Envie inconsidérée d’un cocon étanche et protecteur. Dans ces moments, on monte le son de l’ipod, quitte à devenir dur de la feuille plus tard, juste pour éviter de massacrer le concerto pour violon de Tchaikovsky à coup d’accordéon, de bébés brayeurs, de vies si désopilantes qu’elles méritent l’attention de tout le wagon ou de signalisations électroniques défectueuses.

Et puis se rappeler que Tom York a une voix d’ange déchu et jouir de la chance que l’on a de pouvoir en discerner toutes les nuances. L’aimer pour ça.

L’odeur

Froncement de narines ou expiration profonde tout est souvent question de goût mais l’on s’accorde bien souvent à dire que la crasse sent mauvais et que contrairement au dicton l’argent à une odeur de bonheur ou de malheur tout dépend de quel coté l’on se place, pile ou face.

L’odeur, arôme acre qui nous enivre jusqu’au plus profond de nous même, que l’on respire avec dégoût toute la journée ne sachant comment s’en défaire, effluve trop sucrée ou trop fleurie de notre voisine de voyage, haleine chargée du bailleur aux corneilles, fumet gras des boulangeries industrielles parsemées ça et là, relent de poils de chien mouillés trop peu souvent lavé, émanations des égouts prêts à tout dégorgés, retenir sa respiration , tournée la tête le plus possible, mettre sa main devant son nez, garder un semblant de dignité face à cette agression nauséabonde.

Et puis se souvenir du délicat parfum des roses du jardin, de la lessive fraichement étendue au soleil de juin, du sel sur la peau dorée sur une plage de sable chaud, du café moulu du matin et de la peau de l’homme que l’on aime dont on aimerait s’enivrer sans cesse.

Le bruit et l’odeur

Comme une faim de loup, jouir de la vie et de ses sensations le plus possibles, jusqu’à l’extase, faire l’amour encore et toujours car ce bruit et cette odeur, c’est ça le bonheur.