Le nouveau règne du psy
La jungle et son règne animal ont été quelque peu bousculé ces dernières années, les codes se sont inversés, les femelles se sont rebellées et se sont montrées aussi apte à la chasse que les mâles, les familles ont éclaté, les préoccupations se sont inversées, etc, etc… Certains disent qu’on a perdu tous les repères aujourd’hui, c’est peut être vrai, quoique je ne sois pas sure que j’aurai su me repérer mieux dans la jungle d’antan. Ces repères perdus seraient soi disant la source de ce mal être ambiant, poussant les gens à se refermer sur eux. C’est ce qu’on veut nous faire croire, plus rien ne va.
Je reste étonnée de voir le nombre de personnes qui vont régulièrement chez un psy, mais aussi le nombre d’entre elles qui en parlent. Ce n’est pas le coté ” psy” qui m’étonne, mais plus le fait d’en faire le déballage, après tout on ne parle pas aussi souvent de nos visites chez le dentiste ou le gynéco alors pourquoi parler plus du psy? Il est de bon ton d’être suivi, ça nous évite sans doute d’être poursuivi… possible…
La tendance des dernières années est de dire qu’on a tous besoin de consulter, surtout dans les grandes villes où le stress est tout bonnement ingérable; comme s’il s’agissait de la seule bonne façon de combattre Le mal être ou au moins vivre avec.
Si les codes ont changé, la loi de la jungle reste la même : survivre. A partir du moment, où l’on est conscient de ne pouvoir vivre sans assistance comment peut on être apte à survivre dans cet environnement? Beaucoup de gens sont perdus dans cette jungle, les animaux ne savent plus forcément dans quelle catégorie ils sont, tout se mélange, les contours ne sont plus aussi net et certains se leurrent à croire que ça s’arrangera, je les vois errer, on se reconnait, mais on sait que malgré tout, malgré le casse tête que ça a pu être de trouver le bon psy dans la ribambelle de dénomination et de subtantifs, il va nous falloir, et ce de la manière la plus égoïste qui soit, retrouver la rage qui nous permet de mordre l’importun qui veut nous nuire et cela sans l’aide de quiconque, car on fait seul son chemin.
La vie est une jungle dans laquelle on ère le plus souvent seul, les rencontres heureuses se transforment en allier, les autres en névroses carabinées que l’on tente de dissimuler avant de succomber dans les bras de Monsieur le Gentil Docteur aux pilules du bonheur et à partir de là on compte en choeur:
1, 2, 3, tu meurs.

