Lost in jungle

Errance ultra-chic d’une jeune fille perdue dans la jungle urbaine

Entre deux eaux

S’il y a une chose que j’ai apprise dans la jungle, c’est qu’il faut savoir naviguer entre deux eaux; parfois même à contrecourant.

De tous les dangers, l’eau est la plus sinueuse, elle trouve toujours une faille, une fissure pour s’engouffrer, la barque doit être solide et l’équipage encore plus.

Au départ, on visualise le projet, optimiste on n’envisage que son succès, viennent les petits défauts à régler, les premières décisions importantes sur la route à suivre, les premières divergences d’opinion et les premières déceptions.

On se bat, on lutte contre les courants, on y met du cœur, on s’investit corps et âme et puis quand on se retourne, on voit que peu à peu, on est tout seul sur ce fichu rafiot, que peu à peu l’équipage s’est fait la malle, et que le bel avenir si prometteur ressemble de plus en plus à une illusion, voire une hallucination.

Un regain de courage nous fait ramer plus vite ou peut être est ce un regain de rage, et puis on s’aperçoit que le navire prend l’eau de toute part, et que pour colmater les brèches il va nous falloir plus que de belles promesses. Mais quand on réussit seul, qu’on ne doit rien à personne, bon dieu ce que ça fait du bien de pouvoir leur dire MERDE!

Dans la jungle il faut savoir naviguer entre deux eaux, il faut encore plus savoir attendre que le vent tourne.

Les morsures de l’aube

Titre inspiré du film, la correspondance s’arrête là. Je trouvais juste qu’il collait parfaitement à une espèce animale qui rode dans la jungle: les prédateurs.

Le prédateur est une espèce souvent connue de tous mais pourtant si peu identifiable avant la morsure fatale. Il a une technique d’approche bien rodée qui devrait mettre la puce à l’oreille mais inlassablement on se laisse prendre dans ses filets, comme si l’instinct de survie venait à débloquer l’espace d’un instant suffisamment long pour qu’il puisse profiter de cette faille de système. Une incompréhension.

Le prédateur est un animal solitaire, réfléchit et sur de lui. Il guette sa victime, l’étudie et agit au moment opportun. Le choix de la victime se révèle être un défi, mais un défi de petit envergure, toujours surmontable de quoi parfaire son égo sans l’égratigner, mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, et pour cela il faut compenser par un tableau de chasse impressionnant; ainsi il multiplie la fréquence de ses attaques.

Le prédateur est doté d’un sens de l’observation hors du commun, il observe discrètement, prend le temps, et sait saisir le moment. Une fois qu’il a jeté son dévolu sur une proie, peu de choses l’en écartent si ce n’est presque aucune.

Le prédateur sait user de ses charmes, connait sur le bout des doigts l’art de danse prénuptiale et capte l’attention de son auditoire d’un simple mot. Depuis le temps son scénario est au point. Il donne de sa personne, ne s’occupe que de sa proie, la fait rire, danser le cas échéant, lui fait parler d’elle. Et il attend l’aube, pour refermer le piège.

Ni bon ni mauvais, juste égoïste ne pensant qu’à son bon plaisir et une fois celui ci pris, il regarde sa proie et l’achève en quelques mots: “je pense qu’il vaut mieux qu’on en reste là.” Là encore il prend un malin plaisir à contempler l’effet de ces mots dans le regard perdu de sa victime, cette incompréhension est pour lui la cerise sur le gâteau, celle qui lui fait sentir qu’il a reussi, que sa victime n’a vraiment rien venu venir qu’il l’a eut dans tous les sens possibles.

Beaucoup ont croisé ce prédateur, une fois, 2 fois, parfois plus, se laissant toujours avoir, et puis un jour, la lassitude aidant, surement, il n’y a rien eut dans mon regard aucune incompréhension, rien, le néant, je me suis laissée mordre, sans broncher, j’ai répondu ok, de cette attitude j’ai mis l’ombre sur sa victoire, une ombre que son égo n’a pas supporté, une ombre qui me vaut aujourd’hui d’être son ombre, le lundi, le mardi, le vendredi et parfois même le samedi quand il ne couve pas ses petits dont la mère lui laisse la garde plus par obligation que par choix.

Mon prédateur est un homme qui ne veut plus d’attache, il a divorcé de la vie le même jour qu’il a divorcé de sa femme, aucun attachement, liberté chérie, à lui les joies des plaisirs sans lendemain à la recherche d’autosatisfaction et de gloire dérisoire tellement le vide est palpable.

Apparté

Rien publié dernièrement, l’envie est là, plusieurs brouillons en stock non terminés, non retravaillés et ce pour cause de stupéfaction extrême, beaucoup de choses se sont passées dernièrement dans l’actualité. Jusqu’où l’Acteur va t il pousser la dictature ( oui j’ose le mot, un contrôle extrême et centralisé vaut bien ce mot)? Je crois que cela vaut bien une catégorie à part entière tellement je suis perdue depuis l’année dernière de voir à quel point le commun des mortels peut être dupes, de voir la désinformation quotidienne, de voir les langues de bois s’alourdir devant ce mauvais acteur, cet espèce de pantin articulé par son propre égo trop mal placé.

A l’heure où les petites gens vont recevoir la sentence du fisc il est étonnant de voir que Johnny ne s’inquiète plus de fuir le pays, a l’heure où les petites gens vont payer les fuites fiscales des plus riches il est étonnant de voir la zénitude ambiante des proches et privilégiés sur la liste de l’acteur. Pas honte de le dire, attends le canard enchainé avec impatience.

Du trouble je passe à la stupeur, bientôt le tremblement!

Le bruit, l’odeur, le bruit et l’odeur.

Le bruit.

A la fois envoutant et horripilant, il y a des jours où l’on préfèrerait être sourd, agression perpétuelle: bruit strident, battement d’ailes d’oiseaux de mauvaises augures, borborygmes effrayants du fonds des marais, brondissements usants, claquements austères, cliquetis entétants, frottements désopilants, ronflements incessants… la liste est longue. Il y a des jours comme cela où l’agression auditive est tellement violente que l’on voudrait ne plus rien entendre, pas un bruit, se rappeler enfin de ce qu’est le silence.

Silence d’Eglise, peut être le seul véritable bien fait du lieu. Silence de mort. Impression d’avoir un marteau piqueur dans les tympans. Envie inconsidérée d’un cocon étanche et protecteur. Dans ces moments, on monte le son de l’ipod, quitte à devenir dur de la feuille plus tard, juste pour éviter de massacrer le concerto pour violon de Tchaikovsky à coup d’accordéon, de bébés brayeurs, de vies si désopilantes qu’elles méritent l’attention de tout le wagon ou de signalisations électroniques défectueuses.

Et puis se rappeler que Tom York a une voix d’ange déchu et jouir de la chance que l’on a de pouvoir en discerner toutes les nuances. L’aimer pour ça.

L’odeur

Froncement de narines ou expiration profonde tout est souvent question de goût mais l’on s’accorde bien souvent à dire que la crasse sent mauvais et que contrairement au dicton l’argent à une odeur de bonheur ou de malheur tout dépend de quel coté l’on se place, pile ou face.

L’odeur, arôme acre qui nous enivre jusqu’au plus profond de nous même, que l’on respire avec dégoût toute la journée ne sachant comment s’en défaire, effluve trop sucrée ou trop fleurie de notre voisine de voyage, haleine chargée du bailleur aux corneilles, fumet gras des boulangeries industrielles parsemées ça et là, relent de poils de chien mouillés trop peu souvent lavé, émanations des égouts prêts à tout dégorgés, retenir sa respiration , tournée la tête le plus possible, mettre sa main devant son nez, garder un semblant de dignité face à cette agression nauséabonde.

Et puis se souvenir du délicat parfum des roses du jardin, de la lessive fraichement étendue au soleil de juin, du sel sur la peau dorée sur une plage de sable chaud, du café moulu du matin et de la peau de l’homme que l’on aime dont on aimerait s’enivrer sans cesse.

Le bruit et l’odeur

Comme une faim de loup, jouir de la vie et de ses sensations le plus possibles, jusqu’à l’extase, faire l’amour encore et toujours car ce bruit et cette odeur, c’est ça le bonheur.

Le nouveau règne du psy

La jungle et son règne animal ont été quelque peu bousculé ces dernières années, les codes se sont inversés, les femelles se sont rebellées et se sont montrées aussi apte à la chasse que les mâles, les familles ont éclaté, les préoccupations se sont inversées, etc, etc… Certains disent qu’on a perdu tous les repères aujourd’hui, c’est peut être vrai, quoique je ne sois pas sure que j’aurai su me repérer mieux dans la jungle d’antan. Ces repères perdus seraient soi disant la source de ce mal être ambiant, poussant les gens à se refermer sur eux. C’est ce qu’on veut nous faire croire, plus rien ne va.

Je reste étonnée de voir le nombre de personnes qui vont régulièrement chez un psy, mais aussi le nombre d’entre elles qui en parlent. Ce n’est pas le coté ” psy” qui m’étonne, mais plus le fait d’en faire le déballage, après tout on ne parle pas aussi souvent de nos visites chez le dentiste ou le gynéco alors pourquoi parler plus du psy? Il est de bon ton d’être suivi, ça nous évite sans doute d’être poursuivi… possible…

La tendance des dernières années est de dire qu’on a tous besoin de consulter, surtout dans les grandes villes où le stress est tout bonnement ingérable; comme s’il s’agissait de la seule bonne façon de combattre Le mal être ou au moins vivre avec.

Si les codes ont changé, la loi de la jungle reste la même : survivre. A partir du moment, où l’on est conscient de ne pouvoir vivre sans assistance comment peut on être apte à survivre dans cet environnement? Beaucoup de gens sont perdus dans cette jungle, les animaux ne savent plus forcément dans quelle catégorie ils sont, tout se mélange, les contours ne sont plus aussi net et certains se leurrent à croire que ça s’arrangera, je les vois errer, on se reconnait, mais on sait que malgré tout, malgré le casse tête que ça a pu être de trouver le bon psy dans la ribambelle de dénomination et de subtantifs, il va nous falloir, et ce de la manière la plus égoïste qui soit, retrouver la rage qui nous permet de mordre l’importun qui veut nous nuire et cela sans l’aide de quiconque, car on fait seul son chemin.

La vie est une jungle dans laquelle on ère le plus souvent seul, les rencontres heureuses se transforment en allier, les autres en névroses carabinées que l’on tente de dissimuler avant de succomber dans les bras de Monsieur le Gentil Docteur aux pilules du bonheur et à partir de là on compte en choeur:

1, 2, 3, tu meurs.

Je t’ai aimé Bonobo

M.B file le parfait amour, il l’aime, elle l’aime, ils s’aiment, ils roucoulent (enfin si tant est que des singes puissent roucouler) et baisent à longueur de journée le reste du temps étant consacré à la contemplation et la sublimation de l’autre. Ah il la désire, là tout de suite, sur le bureau ou dans l’ascenseur, dans le taxi ou sur le carrelage glacé de la cuisine, c’est physique, il faut qu’il la sente, il faut qu’il la touche, il faut qu’il la pénètre pour lui montrer au combien il l’aime.

Quelques fois bien sûr Monsieur B, n’oublie pas les bonnes manières, il organise des soirées romantiques et lui offre des fleurs, il lui écrit des mots doux et lui dit au combien elle est belle. Il pense même à nettoyer sa grotte pour lui faire un nid douillet dans lequel elle va s’abandonner et espère secrètement être à son gout pour bons nombres de nuitées.

Ils se regardent dans les yeux, se dévorent, c’est beau, c’est merveilleux plus rien n’existe excepté eux.

Et puis un jour, on ralentit la cadence, c’est fatigant d’aimer autant, on devient plus raisonnable, une fois par nuit, devrait suffire si on la garde un temps dans les bras. Un petit texto pour lui donner rdv, plus le temps de l’appeler entre 2 dossiers de toute manière on a accumulé tellement de retard depuis qu’on est aimé qu’il faut bien se rattraper. Les obligations reprennent le dessus, des deux cotés, elle aussi contribue à la perte de l’illusion, elle n’est plus parfaite 24h/24, il lui arrive de plus en plus fréquemment d’être décoiffée le matin et mal épilée, et une bonobo mal épilée c’est la forêt vierge assurée. Les efforts et les attentions aussi se font plus rare.

Ils se voient moins ils se disent que c’est bien d’entretenir le manque, et puis ils se retrouvent de temps en temps, Monsieur B. Miss B et leur nouvelle amie nommée Fatigue, discutent le reste du temps, comme de vieux amis. Alors encore une fois, la cadence ralentit, on l’ a bien senti, de 5 fois par nuit on passe à une fois par jour, puis par semaine, puis par mois, malgré tous les investissements inconsidérés en dentelles fines et autre soie de Chine pas vraiment bon marché et autres gadgets high tech sensés pimentés, et quand vient le moment où l’on voit les mois passés et qu’on a ni l’envie ni la force de lutter, on se dit que c’est peut être ça la vie, ça doit être ça, veillir.

Et puis non, tout notre corps se rebelle, Monsieur B a encore le souvenir de cette magie, malgré l’érosion des années, il essaie de raviver les cendres de la passion. Il organise un romantique petit diner, et se rappelle au combien il l’a aimé. 3 ans de bonheur quasi parfait, sans accroc ni remise en question juste la sensation d’aimer et d’être aimer, peut être un peu trop, peut être pas comme il faut, il se sent tout d’un coup un peu étouffé.

Le problème c’est que Monsieur B, conjugue le verbe aimer au passé et s’il y a bien un temps dont l’amour, le vrai, se contrefout c’est bien le passé. Miss B. quant à elle croit toujours au valeur des mots prononcés, “pour toujours, à jamais”, comme elle s’est bien trompée, comme elle s’est aveuglée car aujourd’hui, Monsieur B vient de se marier et Miss B. n’a que ses yeux pour pleurer.

Toutes ressemblances avec des faits réels et avérés ne serait pas forcément fortuit, mais l’on comprendra mieux comment après avoir perdu son bonobo, une jeune fille, un peu naïve se retrouve à errer dans un monde qui est une jungle pour elle.

Je t’aime Bonobo

Je tape souvent sur les singes, c’est le commun des mortels qui m’entourent, ils m’exaspèrent alors je me défend comme je peux, et ne les connaissant pas ou peu je les classe à tord dans une catégorie fourre tout, exacerbant leur sombre stupidité ou comment résumer tout l’art du préjugé. Alors réfléchissons peu mais réfléchissons bien, il doit bien y avoir 1 singe dans le lot comme exception confirmant la règle.
M chantait son amour au Bonobo, et comme je suis en pâmoison devant M je me dis que quelque part, peut être, le Bonobo mérite qu’on s’y attarde.
Prenons Monsieur Bonobo, qu’on appellera Monsieur B ou M., (yeah), M.B se promène dans la jungle, il se sent bien seul, il a un travail, des sous, une belle voiture enfin une voiture qui roule, il ne lui manque plus pour compléter le tableau qu’une charmante Bonobo. Puisque Monsieur B. passe le plus clair de son temps sur son lieu de travail, il se dit que, ma foi, si la chasse est plus périlleuse en ces lieux il n’a guère le choix. Monsieur B. se pavane alors, lance des regards plus que révélateurs et il faut bien lui reconnaitre use de ses charmes avec talent. Mais Monsieur B. est d’une timidité maladive, s’il n’a pas de soucis pour aligner 2 mots avec la plupart des demoiselles, dès que l’une d’entre elles lui plait, il redevient le petit bonobo mis à mal pendant l’enfance par les gros costauds. Monsieur Bonobo a jeté son dévolu sur Miss Bonobo, elle n’est pas particulièrement belle, elle a juste cette particularité qu’il ne saurait décrire, ce charme indescriptible. La première fois qu’il la vu, il a crut l’avoir toujours connu, c’est elle, celle qui sera sa femme, il le sait, il le sent, c’est écrit, c’est magique.
Miss Bonobo quant à elle, n’est pas insensible au charme de M.B, elle le fixe droit dans les yeux, espérant qu’il engage une conversation , elle ressent sa présence non loin d’elle, elle s’invente des histoires, prend ses poses cafés au moment où elle pense le voir mais se fait outrageusement draguer par un macaque ou deux perturbant le pauvre Monsieur B.
M.Bonobo ne sait plus, il a peur qu’elle lui échappe, elle est si prisée, que ferait elle de lui, elle qui a le choix entre le Don Juan de la basse court et l’humoriste cinglant? Qu’est il, lui face à ces types? Pourtant il ne rêve pas elle soutient bien son regard. Qu’ai je de plus? S’intéresse t elle à moi? Oui elle me regarde, c’est moi qu’elle regarde, elle ne détourne pas les yeux, comme si elle voulait inventer un nouveau langage. Il se pose toutes les questions que l’on se pose au début de chaque relation, avec la même envie de surtout pas la perdre, avec la même impression qu’elle est irremplaçable, toutes ces questions dont on se souvient avec une certaine nostalgie par la suite. Le temps où tout était encore en suspens.
Et puis un jour, le hasard faisant bien les choses, Monsieur B. se retrouve seul avec Miss B. C’était écrit.
C’est beau, l’amour… Et pourtant,la suite promet d’être beaucoup moins à l’eau de rose.

L’enfer c’est les autres

Bien sur, les plus érudits vous diront que Sartre n’a pas voulu dire ce qui est compris par les simples mortels tel que moi. Certes.
Il n’empêche que cette déviance me plait. Il arrive toujours un moment où les autres, la société au sens large, l’entourage aussi me pèse terriblement. Que ce soit dans le métro, au travail, au supermarché, en voyage, à une fête ou tout simplement dans mon immeuble, les autres me tapent sur le système.
Vivre en enfer, supporter leurs entre faits et méfaits, se taire pour éviter de parler pour rien. Que dire de toute manière, ils ne comprennent rien, absolument rien de ce qui est différent et s’estiment en plus tolérant. Je respire entre 2 baisses de son, j’ai les oreilles qui saignent tellement ma tête est prête à exploser. Faites les taire, par pitié!
Je n’en peux plus de les entendre parler, s’agiter, ricaner, tels les singes ils ne cessent de gesticuler manifestant aux yeux de tous, toute leur absurdité.
Mais là où cela devient pénible, là où est ma limite c’est quand ils sont capables de me faire douter de ce que je fais pour X ou Y raison: jalousie, impolitesse, rudesse, méchanceté…
J’ai beau savoir tout cela, tant d’indélicatesses m’affectent, et j’ai du mal à trouver la rage de lutter, mais je ne me brise pas, pas pour cela, ils ne m’auront pas. Pas cette fois. Pas encore.

Petit chef, tendance tyranique

Elle , le petit chef, se déplace sure d’elle tant qu’elle ne croise pas un miroir qui lui rappelle au combien la génétique est cruelle ne lui ayant hélas pas donné ce qu’elle aurait tant espérer pour rehausser son égo si mal placé.

Elle, le petit chef, plein de faux semblant et de bons sentiments, vous parle comme à un agneau pour mieux vous poignarder dans le dos. Elle est votre plus grand fan, tant qu’elle peut se trouver un peu dans votre lumière.

Elle, le petit chef, une fois moins éblouit par votre lumière, vous presse comme un citron et vous abaisse du pieds d’estale sur lequel vous étiez et dont vous avez été enlevé au privilège d’une autre victime, pour mieux l’entendre vous dire: fais ci, fais ça, fais comme ci, fais comme ça.

Elle, le petit chef, vénère l’anaconda mutant mais ne voit pas que le venin la rend plus laide de jour en jour; tel le portrait de Dorian, elle vieillit mal. Mon dieu ce que les moustiques sont insupportables!

Quand l’anaconda mute en boa

Il va bien falloir que je m’y fasse, il va falloir que je donne de moi même pour faire comprendre mon point de vue dans un exposé presque clair truffé d’exemples pertinents issus bien sur, de ma trépidante petite vie. Illusion quand tu nous tiens… Soyons lucide je ne suis rien, ou pire presque rien. Etre presque quelque chose est en soit un échec, faisons bien les choses soyons rien, dans sa plénitude absolue, ce qui m’évitera de promettre d’être intéressante.

A en juger par les réflexions et le traitement que me voue ma patronne je suis peut être même moins que rien. Ma patronne, exemple même de l’anaconda toujours à la recherche d’une victime à étouffer, bien que j’hésite encore entre l’anaconda et le boa constrictor qui lui diffuse son venin jusqu’à l’asphyxie. Sans doute une bête mutante entre les deux espèces, génétiquement modifiée pour régner. Et quel règne! Elle est de celles qui ont l’aisance naturelle de se déplacer sans anicroche et de se tourner toujours du coté où la lumière est. Elle est de celles que l’on peut envier, dont la vie semble si facile, si merveilleuse, de celles à qui tout réussi comme prédestinée à réussir.

En surface le paradis, mais quand on gratte la couche de vernis on découvre l’enfer, prix à payer pour une place au soleil peut être, de toute façon beaucoup trop cher. Ah oui, ça à l’air d’être une vie de rêve mais aussi grande est l’illusion aussi sombre sont les coulisses, et les coulisses je les connais on ne peut mieux.
Je suis tombée dedans, et depuis je m’y noie, n’en voyant plus l’issue. Elle est où la bouée? Voilà encore une fois, je me suis perdue!